Le Britannique Tom Evans et la Néo-Zélandaise Ruth Croft ont remporté samedi la 22e édition de l'Ultra-trail du Mont-Blanc à Chamonix (Haute-Savoie), à l'issue d'une course dantesque marquée par les intempéries et de nombreux abandons.
Evans (33 ans) a passé la ligne après 19 heures, 18 minutes et 58 secondes d’un effort magistral, avec une avance confortable sur ses premiers poursuivants Ben Dhiman et Josh Wade. Très ému dans les derniers mètres, cet ancien officier de l’armée britannique s’est emparé d’un drapeau britannique et a fait un salut militaire avant de passer la ligne d’arrivée et d’embrasser sa conjointe ainsi que son nouveau-né.
«C’est tout simplement la journée la plus incroyable qui soit. Nous avons eu droit à une météo très britannique: de la neige, de la pluie et un peu de chaleur à la fin [...] La course t'envoyait tout dans la figure», a déclaré Evans, déjà vainqueur de la Western States 100 en 2023.
Parcours raccourci
Les conditions difficiles dans la nuit, avec beaucoup de vent et des températures ressenties allant jusqu’à -7 °C en altitude, ont poussé les organisateurs à raccourcir le parcours, en supprimant un passage périlleux avant le lac Combal. Cette modification a permis aux concurrents de gagner entre 45 minutes et une heure sur le tracé habituel.
3e en 2022, Evans est resté dans le groupe de tête tout le début de course, avant d’accélérer dans le Grand Col Ferret, l’une des difficultés majeures de ce parcours de 174 km et 9900 m de dénivelé positif à travers la France, la Suisse et l’Italie.
«On a beaucoup travaillé ensemble pendant la nuit, en discutant, en gardant le rythme», a raconté Ben Dhiman, qui a terminé à un peu plus de 30 minutes d'Evans. «On a pris la tête de la course ensemble, mais Tom a placé une attaque incroyable au Grand Col Ferret. Il neigeait, le vent soufflait fort, c’était vraiment intense et je n'ai pas pu suivre», a-t-il ajouté.
Favori au départ, le coureur français François D'Haene a lui abandonné au beau milieu de la nuit après 7h35 de course, à l'arrivée de cette zone au cœur de la vallée d'Aoste. «Une douleur à la jambe droite apparue ces derniers jours avait contraint François à se présenter diminué sur la ligne de départ vendredi soir [...] les douleurs à l'effort étaient trop fortes pour aller au bout», a indiqué l'équipe du Savoyard, qui visait une cinquième victoire record sur le l'UTMB, dans un message sur son compte Instagram.
La reine Courtney Dauwalter détrônée
Chez les femmes, la grande favorite américaine Courtney Dauwalter - triple lauréate à Chamonix - a été prise de vitesse au petit matin par la Néo-Zélandaise Ruth Croft, qui a ensuite filé vers la victoire. «Dans la nuit, j'ai été obligée de lever le pied. Je ne suis pas vraiment à l'aise dans le froid et la neige. Au début de la journée, avec la chaleur, j’ai commencé à bouger un peu mieux», a avoué la gagnante.
2e l'an passé, Croft a passé la ligne sous le soleil et avec le sourire, terminant sa boucle en 22 heures, 56 minutes et 23 secondes, soit le 21e temps au classement général tous genres confondus.
Partis la veille de Chamonix, les 2300 coureurs ont subi des averses quasiment toute la soirée, les forçant à évoluer dans la boue et le froid. «On revient de l'enfer», a raconté à l'AFP au petit matin Loïc Muller, 34 ans, qui participait pour la première fois à l'épreuve reine des courses en montagne. «Le col du Bonhomme, c'était pluie, neige, pluie, boue, on est tous tombés au moins une fois», a-t-il ajouté depuis le point de ravitaillement du lac Combal, à 70 km du départ.
Pour tous les concurrents encore en lice, qui doivent impérativement terminer avant 16h30 dimanche, la météo devrait être plus clémente désormais.