Samedi, dans la ville de Tianjin au nord de la Chine, le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres a été le premier accueilli par Xi Jinping. Ensuite, les premiers ministres d'Égypte, du Cambodge et du Népal, ainsi que le chef de la junte birmane Min Aung Hlaing, ont été reçus, selon les médias officiels. Cela s'est passé avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) prévu dimanche et lundi dans cette grande ville portuaire.
Environ vingt chefs d'État et de gouvernement eurasiens, ainsi que des dirigeants d'organisations internationales et régionales, sont prévus. Parmi les invités, on compte les présidents de Russie, d'Iran et de Turquie, Vladimir Poutine, Massoud Pezeshkian et Recep Tayyip Erdogan, ainsi que le premier ministre indien Narendra Modi.
Grand défilé militaire
Quelques dirigeants, comme Poutine et Pezeshkian, resteront jusqu'à mercredi. Ils verront une démonstration des forces militaires chinoises lors d'un grand défilé à Pékin, marquant les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le leader nord-coréen Kim Jong-un fera une rare visite hors de son pays isolé pour rejoindre le président chinois Xi Jinping, son allié.
La communication officielle avant le défilé l'a décrit comme un show de force et un engagement pour la paix, avec l'armée chinoise assurant la stabilité dans un monde dangereux. Elle a aussi vanté le multilatéralisme, dont l'OCS est un exemple, opposé aux « idées de la Guerre froide et aux vieux concepts de conflit géopolitique », d'après l'agence Chine nouvelle. Il est clair que cela critique les États-Unis et leurs alliés occidentaux.
Sommet le plus important depuis 2001
L'OCS regroupe 10 États membres et 16 pays observateurs ou partenaires, couvrant près de la moitié de la population mondiale et une grosse part du PIB mondial. On la présente souvent comme un contre-pouvoir à l'OTAN. Elle organise son plus grand sommet depuis 2001, dans un temps de nombreuses crises affectant ses membres : tensions commerciales entre les USA, la Chine et l'Inde, guerre en Ukraine, dispute nucléaire avec l'Iran.
Poutine devrait arriver dans la nuit de samedi à dimanche. Beaucoup d'alliés de l'Ukraine pensent que la Chine aide la Russie contre l'Ukraine. La Chine dit être neutre et blâme les pays occidentaux de prolonger la guerre en donnant des armes à l'Ukraine. Le président chinois, cité par les médias d'État, a dit mardi que les relations avec la Russie sont « les plus cruciales stratégiquement entre grandes nations », dans un monde « perturbé et changeant ».
Approche avec l'Inde
Poutine a affirmé à Chine nouvelle que le sommet « augmentera la capacité de l'OCS à faire face aux défis et menaces actuels et renforcera l'unité dans l'espace eurasien ». Il a aussi souhaité un « ordre mondial multipolaire plus équitable ». Poutine discutera lundi de la guerre en Ukraine avec le président turc et du problème nucléaire avec le leader iranien.
Selon l'expert asiatique Lim Tai Wei, la Russie a besoin « de tous les avantages de l'OCS sur la scène mondiale et du soutien de la deuxième économie mondiale, la Chine ». « La Russie aimerait aussi gagner l'Inde à sa cause, et les tensions commerciales entre l'Inde et les USA donnent cette chance », a-t-il ajouté.